ClichéO ouvre ses portes, ou plutôt son capot sur la toile: je comptais bien un jour les mettre en ligne toutes ces photos qui s'entassent dans l'ombre de mes disques durs. Ca faisait partie des objectifs fixés. J'attendais d'avoir un certain stock, puis il m'a fallu trouver la personne qui techniquement était à même de m'aider à propulser ces photos sous forme de galeries avec des outils modernes. C'est chose faite.


Tout ceci m'est venu au fil du temps. Car à force de suvoler la Lorraine, ma terre natale, je ne cesse de lui trouver de jolis plis rugueux, une allure parfois quasi médiévale et en somme une vraie photogénie vue du ciel. La Lorraine et son passé industriel ? Ses cheminées n'en sont que plus belles. Et, au milieu de la sueur, des combats et des plans sociaux, je ne me lasse pas de découvrir entre prairies et labours aux dimensions très « frenchy », ici la colline d'un ancien volcan, là un arbre qui tend des bras cassés aux couleurs automnales. Quand la lumière est là, rare et précieuse pour l'instant photographique, la Lorraine se dessine haute en couleurs. Et sous mes pieds la terre vibre, les tracteurs s'activent, les chalets vosgiens fument, les vaches déambulent, les carrières charrient des tonnes de chaux. La Lorraine est bien réveillée et vivante sous ma voile qui file doucement dans les airs, et les yeux bien ouverts, j'essaye de la figer sous ses plus beaux traits. Et c'est ainsi que je découvre, au hasard de mes pérégrinations flottantes, montagnes, champs, lacs et villages avec pour seul moteur la surprise et la nouveauté.


On ne trouvera donc pas ici de tentative de couverture exhaustive où les mille et une villes de Lorraine sont répertoriées par les airs. Je n'en ai ni les moyens techniques ni le moindre désir, et il y a des entreprises spécialisées pour cela.


Mon approche est locale, guidée par l'intérêt que je porte à cette terre d'origine et mon objectif n'est pas de faire de la photo « utilitaire » mais bel et bien originale et insolite. La Lorraine comme on l'a rarement vue !


Concernant les conditions de prises de vue, on pourrait penser au premier abord que tout est facile sous un parapente motorisé. En réalité, en plus des problèmes liés à la logistique, la mécanique et au pilotage, le monde de l'air n'a souvent rien de paisible : c'est un grand agité invisible. La voilure souple permet des vitesses d'évolutions faibles. Pour faire de la photo, c'est un énorme atout. Mais c'est aussi un inconvénient dès qu'il y a du vent soutenu et de l'instabilité importante : la prise de vue devient alors délicate voire impossible.


Et c'est sans compter cette quête incessante de la bonne lumière. Je ne compte plus les vols manqués à cause d'un voile nuageux qui s'installe soudainement et donne un aspect uniforme. Que vaut un arbre, une église, un tracteur sans le feu du soleil? Un cliché « plat » simplement descriptif sans âme, sans enthousiasme, sans profondeur. Alors, quand le trop rare cocktail magique « conditions de vol et soleil» est réuni, et grâce à l'expérience de toutes ces années de vol, je suis comme un pêcheur qui ramène parfois dans son filet quelques pépites où l'insoupçonné devient visible.


La Lorraine sait être belle quand on la foule, sur terre ou dans les airs.


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